ANEROOD JUGNAUTH: UN PREMIER MINISTRE `PA CONNE NARIEN`

La révocation de Megh Pillay comme CEO d`Air-Mautitius aura été un choc pour tous les Mauriciens soucieux de bonne gouvernance. Ce n`est pas seulement la mise- à- pied elle-même qui est le plus choquant mais beaucoup plus la manière de faire. Les circonstances et les explications qui ont suivi nous donnent une idée exacte de la pagaille qui caractérise le Gouvernement de Jugnauth. Air-Mauritius tombe sous sa responsabilité et le PMO a quatre représentants sur le Conseil d`Administration mais le Premier Ministre déclare qu`il ne sait absolument pas ce qui se passe. Intérrogé par la presse il donne l`impréssion qu`il ne sait rien:" Ki mo pou koné ladan? Mo pankor conne narien mwa." En fait seulement sept membres du Conseil étaient présents, donc la majorité était détenue par les représentants du PMO, tous des `nominés`alors qu`un cinquième membre, Rita Veerasamy représentait la SIC . Qui va nous faire croire que la décision de la révocation à venir n`avait pas été au préalable décidée à l`avance à travers une bande de nominés qui ne peuvent jamais prendre de décisions sans avoir reçu l`ordre  de leurs maîtres respectifs?

 

Dans le cas contraire on serait poussé à se poser la question logique : Qui donc gouverne ce pays?

 

Le CEO révoqué fesait bien son travail en laissant le soin à un comité disciplinaire de statuer sur les actes d`indiscipline reprochés à l`encontre de Mike Seetaramdoo. Pourquoi celui-ci redoutait-il ce comité et pour quelle raison le Chairman voulait à tout prix le faire annuler ? Les hommes d`honneur choisissent toujours de défendre leur réputation devant les instances appropriées et informer le public au lieu de se réfugier derrière des subterfuges mal ficelées ou ,pis encore, se cacher sous les ailes de certains laquais qui sont eux-mêmes quémandeurs éternels de faveurs auprès des califs du jour.

 

Le public est en droit de savoir si les reproches faites à l`encontre du EVP Seetaramdoo tiennent la route ou pas. Comment peut-on savoir sans un comité disciplinaire? Et les faits sont très graves, surtout ce qui a trait à ses qualifications  , expériences et compétences.Il est allégué que le monsieur ne possèderait même pas les qualifications exigées pour le poste et que les originaux des diplômes n`ont pas été produits. Son expérience dans le domaine de la gestion des Ressources Humaines se limiterait à une compagnie dont l`unique actionnaire serait son épouse. Mais plus grave encore est le fait que le Premier Ministre serait en présence d`une lettre qui lui avait été adréssée rappellant les diverses péripéties de ce EVP dès sa nouvelle nomination  fin Janvier. La lettre évoque en menu détails les faits suivants:

1. Son départ houleux de la compagnie en 2002 avait eu lieu sous un Gouvernement dirigé par nul autre qu`Anerood Jugnauth lui-même.

2. La lettre fait mention d`une vingtaine de cas d`irrégularités qui étaient reprochées à l`époque au directeur limogé.

3. Seetaramdoo avait contesté son limogeage devant les instances judiciaires et , après avoir été debouté par la Cour industrielle (2006) , il fit appel à la Cour Suprême pour être debouté pour la deuxième fois(2008).

 

Après son retour à la compagnie nationale des complaintes de harcèlements ciblés, qui avaient tout l`air de règlements de comptes, ont été notées , mais il semblerait que l`homme se croyait intouchable. Il alla même jusqu`à exiger que le CEO appose sa signature sur une lettre déjà rédigée concernant une révision de ses conditions de service. Le CEO choisit de mettre les membres du conseil au courant de cette audace sans précédent par courriel. En voici des extraits:

"You may know that , Mike Seetaramdoo was recruited as EVP-HR on a 3-year determinate contract with a probationary period of 3 months on 20 January 2016. 

I joined as CEO on 15 March. 

On 2 may , he presented me with a request for a letter dated 28 April2016 that he had himself produced and which he wanted to be signed by myself, as CEO and Dr. Suddhoo , the Board Chairman, to confirm his appoinment but with the following conditions:

 

  1. A salary increase from Rs. 275,000 to Rs. 350,000 per month.
  2. As a permanent employee instead of a determinate contract.
  3. With pension rights established reckoning prior service with MK starting1984.

 

Since I was 1. at the same time also in receipt of a letter from ICAC enquiring about his recruitment following anonymous allegations., 2. I was not satisfied with his performance at HR, and 3. I was not agreeable to his conditions , I confidentially shared these views to Dr. Suddhoo who, in fact, had already signed for his part. Dr. Suddhoo agreed that I should give him more time and if he was still found not to be of the expected level, we should terminate his services." 

 

La posture du CEO était parfaitement en ligne avec les principes de la  bonne gouvernance. Comment donc un Board peut tout chambouler à quelques heures de la réunion d`un comité disciplinaire qui avait été convoqué bien à l`avance? Au lieu de déterminer si les allégations faites à l`encontre du EVP-HR, étaient fondées ou pas le Board décide de révoquer le CEO lui-même !!

 

C`est ça la justice selon Anerood Jugnauth ? A une fonction pour célébrer le Divali il a parlé de "sadhus déguisés en Rawan". Mais il faut peut- être lui rappeller que très souvent nous voyons aussi des" sadhus" qui se révèlent être des "Rawans" de par leurs actes!!  

 

B.K