Budget 2018 - Quand la forme prend le dessus sur le fond

Tout comme son maquillage pour la présentation de budget 2018, Pravind Jugnauth a maquillé le budget 2018. privilégiant la forme au fond. Il avait commencé avec un matraquage médiatique, créant une psychose au sein de la population sur des rumeurs d'augmentation, notamment le prix de l'eau, alcools et cigarettes. A la fin, il annonce qu'il n'y aura pas dehausse des tarifs d'eau, une petite baisse sur le prix des carburants et le gaz ménager et le tour est joué. En ce faisant, il a oublié l'essentiel:

1. Le Déficit commercial et la dette publique

Le budget 2018 prévoit des dépenses de Rs.133,782 milliards contre des revenus de Rs.117,437 milliards, donc un déficit budgétaire de Rs.16,345 milliards. La dette publique, excluant le financement du métro express qui sera de l'ordre de Rs.25 milliards, sera de 64,8% du PIB.

2. Le Secteur manufacturier

Dans son programme gouvernemental, SAJ avait annoncé que le secteur manufacturier devrait continuer à osciller autour de 25% du PIB alors qu'on est actuellement à environ 15%.

3. Le Secteur de la canne

Alors que tous les acteurs économiques tirent la sonnette d'alarme sur la crise que secoue le secteur, le budget ne prévoit pas grand` chose pour ce secteur.

4. Le vieillissement de a population et la réforme du système de retraite.

Pas de mot pipé sur la réforme des fonds de pension, ni sur l'age de la retraite et un plan d'action.

5. L'économie océanique.

Aucun plan d'action sur le secteur d'avenir. sauf qu'on va allouer100 hectares de mer à la famille Boygah pour l'élevage de bambaras et une autre partie pour une ferme pour la culture d'huîtres aux proches du Ministre de la pèche.

6. La relance économique

Aucun plan pour sortir le pays de ce qu'on appelle le 'middle income trap"à  un ' high income economy". la croissance restant figée en dessous de 4%.

7. Les nouveaux piliers

Tout en négligeant un secteur où on dispose de ressources inéstimables, l'économie bleue, on nous parle d'intélligence artificielle alors que nous n'en avons ni les moyens ni les ressources pour y parvenir.

C'est en fait une insulte à notre intelligence.