La Fête du Travail - Retour aux sources

Il est toujours bon de se rappeler l`origine de la fête du 1er Mai.

Le 1er Mai 1886, les syndicats américains organisent une grève pour que la journée de travail soit limitée à 8 heures. Les affrontements entre les manifestants et les policiers font plusieurs morts.

En 1889, la 2ème Internationale socialiste réunie à Paris, décide de faire du 1er mai une journée de revendications ouvrières. En France en 1941, le 1er mai est consacré "fête du Travail et de la concorde nationale". En 1947, il devient de droit un jour chômé et payé.

 

La fête du Travail célébrée pour la première fois à Maurice en 1938
La suggestion ainsi que la motion relative à l'octroi d'un jour férié pour la fête du Travail viendront une dizaine d'années après la première célébration de cette fête à Maurice.

 

En effet, la fête du Travail est célèbrée pour la première fois à Maurice le 1er mai 1938. "Le 1er mai 1938 pour la première fois la Fête du Travail est célébrée à l'île Maurice au Champ de Mars par le Parti Travailliste." Un événement qui fait date dans l'histoire de la classe laborieuse mauricienne.  Apres une série de meeting à travers le pays, le Parti Travailliste convia les travailleurs pour une journée de réflexion et plus de 20,000 travailleurs y assistèrent, bravant la répression des barons sucriers et en sacrifiant une journée de paie. Le DR.Maurice Curé, le pandit Sahadeo Rama et Emmanuel Anquetil furent les principaux intervenants. 

 

Un jour férié pour célébrer les idéaux du travailleur

Le président du Parti Travailliste, Guy Rozemont se hâte de présenter sa motion au Parlement le 29 avril 1949, où il soutient que le jour férié octroyé éventuellement pour la fête du Travail sera l'occasion rêvée "to celebrate the ideals of workers" de concert avec "their other comrades throughout the whole world." 

 

Ces idéaux sont résumés en 6 points dans l'extrait suivant:

(a) Labour Day was earmarked for the workers primarily to give them an opportunity to join their counterparts of the whole world in thought and ideas. They were dominated by a capitalist system everywhere. It was essential to think and devise ways to break its shackles. Thus it was a sign of solidarity.
(b) It was important to remember the vicissitudes and difficulties through which they had been undergoing. The hard work which they had put in to enrich their employers needed some attention.
(c) It provided them with an opportunity to express their joys and satisfaction or pains and indignation. They were given time to review what they had done in the field of labour and what they could do in future
(d) they could list out their needs and requirements. They could also draw the attention of their employers to shortcomings and drawbacks.
(e) Labour being divine they got an occasion to mix and to think without any tinge of communalism. The question of race and religion did not worry them. They would believe in comradeship and not in narrow nationalism.
(f) It was difficult to think of the world without Labour. Intelligence and capital were not sufficient in themselves. Thus there was the need to glorify labour.

 

Une légion de parlementaires pro-travailleurs soutient la motion.

Il est évident que la motion de Guy Rozemont pour l'octroi d'un jour férié pour la fête du Travail serait restée lettre morte si l'électorat n'avait fait élire, aux premières élections générales populaires en 1948 une majorité de candidats favorables à l'évolution de la classe laborieuse. Ainsi va l'histoire de cet acquis majeur pour la classe des travailleurs, une aubaine pour l'ensemble des travailleurs, au-delà de l'appartenance religieuse ou ethnique :

"Raymond Rault seconda la motion de Rozemont.  Les deux  nominés, Dr. Arthur de Chazal et Andre Nairac, furent contre la motion. Seeneevassen y apporta un amendement pour que le 1er Mai soit aussi une occasion pour que tous les travailleurs soient parti prenante de cette célébration.

 

La fête du Travail décrétée jour férié dans l'île en 1950

Mais cette fête de travail a été au fil des années accaparée par les partis politiques afin de montrer leur force ou leur influence.

 Le syndicalisme moderne, qui fut à son apogée pendant la lutte de travailleurs a perdu de sa sublime même si à l'Ile Maurice, on compte plus de 360 syndicats et 25 fédérations syndicales pour une population de 550,000 travailleurs.

Le Ptr a pris la mesure de cette triste anomalie et depuis ces dernières années il préfère laisser le champs libre aux travailleurs de fêter l`occasion selon leurs choix. Le leader du Parti Travailliste l`a maintes fois répété que cette célébration doit impérativement retourner aux travailleurs.   

A.J