LA FORMATION DANS TOUS SES ETATS

Notre jeunesse va mal et passe par des moments difficiles avec un fort taux de chômage qui a atteint la barre de 22.1 % pour le premier trimestre de cette année.  Un taux qui est largement au-dessus de la moyenne mondiale pour un pays comme le nôtre.  D’où la nécessité d’apporter une certaine dose d’innovation dans notre stratégie de développement des ressources humaines axé sur la création d’emplois dans des secteurs émergents à forte valeur ajoutée, telles que les technologies mobile de l’internet, l’aquaculture, la bio technologie et tant d’autres encore.

 

 

L’ironie de cette situation c’est qu’il y a une obsession quasi inconditionnelle du gouvernement actuel d’avoir une croissance soutenue au-dessus de 4% annuellement sans qu’il prenne en compte la création d’emplois qui a un impact direct sur notre PIB.  Leur seule priorité c’est d’éliminer politiquement Navin Ramgoolam et ses troupes.  L’avenir des jeunes est très mal parti avec cet attitude revancharde et grotesque pour tout simplement nuire une figure emblématique de la politique nationale et de venir prouver qu’ils sont les sauveurs du peuple.  

 

 

L’ile Maurice de demain ne peut plus se permettre ce genre de comportement irrationnel qui apporte une décroissance totale à tous les niveaux car d’autre pays émergents sont résolument tournés vers une croissance soutenue avec un potentiel de ressources humaines beaucoup plus orienté vers l’innovation et qui a été stratégiquement mis en place pour apporter une certaine dose de création d’emplois pour soutenir la croissance économique.

 

 

Tel n’est pas le cas à Maurice où on voit une certaine égocentricité dans la mise en place des structures appropriées pour encourager l’innovation.  Le gouvernement actuel, depuis son installation à la tête du pays, veut prouver qu’il est le Messie du peuple, celui qui va apporter un nouveau souffle économique pour relancer la machine avec beaucoup plus de sérieux et un accent sur la méritocratie et la promotion des compétences.

 

 

Le constat après ces 20 mois d’exercice du pouvoir est très dubitatif et de plus en plus on réalise qu’il n’y a eu rien de nouveau dans leur approche, mais qu’au contraire, les structures de base mises en place par le gouvernement précédent ont été démantelées ou cosmétiquées pour faire croire à une nouvelle façon d’attaquer le problème de sans-emplois parmi les jeunes.

 

 

Autre fait alarmant parmi les jeunes, c’est le fort taux d’échecs au niveau du School Certificate où environ 60% de ces jeunes n’ont pas réussi. Donc la majorité de ces sans-emplois n’a pas la qualification requise et le niveau de base requis ainsi que les aptitudes pour pouvoir espérer à être embauché.

 

 

La cause principale de cette situation est surtout due à notre système d’éducation fermé dans un environnement postcolonial axé tout simplement sur la réussite aux examens trimestriels et annuels qui n’apportent rien en termes de développement personnel.    

 

 

Un pays comme le nôtre, sans aucune ressource naturelle et qui dépend grandement sur la capacité de ses ressources humaines, doit revoir complètement toute sa stratégie en ce qui concerne le développement desdites ressources humaines.  Le nouveau régime en place, avec l’idée de démontrer que l’ancien régime n’a rien fait pour résoudre ce problème, a complétement bouleversé   tout le système et par conséquent l’a rendu beaucoup plus problématique avec non seulement le regroupement des Ministères mais aussi le démantèlement de certaines institutions et des corps paraétatiques -  surtout avec pour seul but de démontrer que l’ancien régime gaspillait l’argent public avec ces ministères et institutions.

 

 

L’exemple concret est le Youth Employment Programme (YEP).  Le YEP a pour but d’encourager les entreprises locales à embaucher les jeunes gradués ou non-gradués même s’ils n’ont pas l’expérience voulue sur le marché du travail.  Ce programme a été mis en place par le Parti Travailliste en 2013 et le gouvernement actuel n’a rien apporté en terme d’innovation si ce n’est que d’injecter 275 millions dans ce projet et placer le programme sous la tutelle du Ministère de l’Emploi pour continuer avec la même structure à l’exception de quelques changements cosmétiques surtout avec des nominations de part et d’autres.  La deuxième phase de ce projet consiste à mesurer l’efficacité de ce programme afin d’aligner les besoins des entreprises avec ceux  des chercheurs d’emplois. 

 

 

Pour arriver à mesurer l’alignement afin d’identifier les besoins que ce soit au niveau des entreprises et des sans emploi, il y a toute une structure stratégique qui doit être mise en place afin de capter des informations de base sur le terrain.  Et pour cela, le secteur privé et le gouvernement doivent être parties prenantes dans l’élaboration d’un outil de communication en ligne afin de faciliter les échanges d’informations entre les acteurs concernés, tels que le Ministère de l’Emploi à travers le YEP, la HRDC, la MQA, la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’ile Maurice et Business Mauritius et les institutions tertiaires publiques et privées.

 

 

L’intégration en ligne de ces institutions concernées apportera une nouvelle dynamique dans l’élaboration d’une stratégie nationale où tous les acteurs concernés auront une vue d’ensemble de la situation à n’importe quel moment et seront en mesure de rectifier les actions sur le terrain.  Les résultats découlant de la formation doit être mesurés en permanence afin d’optimiser nos capacités humaines et de contribuer à notre croissance.  La formation est directement liée à la croissance économique d’un pays comme la nôtre. 

 

Parmesh Pallanee